Les arts et l’expression

Les arts utilisés comme processus thérapeutique

 

En art-thérapie, nous utilisons les arts sous toutes leurs formes. À l’école, les techniques que nous enseignons aux art-thérapeutes visent à stimuler le mouvement créatif. Nous respectons l’originalité de chacun et ce que chacun considère comme sa quête personnelle et professionnelle. C’est le processus créatif qui est thérapeutique.

Notre programme pour les futurs art-thérapeutes et tous ceux qui cherchent de nouvelles compétences professionnelles inclut : les arts plastiques, le théâtre rituel de guérison, l’expression corporelle, émotionnelle, verbale. De plus, nous abordons l’art du toucher conscient, de la médiation et du rêve.

L'école d'art thérapie et les arts sous toutes leurs formes.

Les arts plastiques – L’expression plastique

Notre pratique comprend : traces et peintures, collages, création de mandalas, modelage à l’argile, création de poupées et de marionnettes, totems, masques…

Nous mettons l’accent sur l’expérimentation d’une grande diversité de matières, couleurs, médiums et outils. (De la simple feuille de papier au travail de plus grande envergure en passant par l’élaboration de volumes sculptés ou issus d’assemblages). Également important, nous nous concentrons sur les ressentis, les mouvements et rythmes du corps, les sensations et les émotions. L’expérience permet à chacun d’explorer et de renouveler différents jeux de relations. Cela inclut le rapport entre son corps et sa création, son corps et l’espace, son corps et le temps.

En effet, mettre les mains dans la peinture ou façonner la glaise, se confronter à la matière, manipuler des outils et des matériaux divers est un moyen d’aller à la rencontre de soi et de retrouver le chemin de ses ressources, de ses forces et de ses qualités.

Alors que les images et symboles émergent de l’imaginaire, de multiples informations se révèlent. Pensez à la mémoire cellulaire, émotionnelle, aux croyances, aux formes pensées. L’acte créateur bouscule les habitudes, libère les mémoires figées et relie à l’essence de l’être.

Être pleinement présent dans sa création offre la possibilité d’éprouver sa posture. Cela permet de la transformer. Qu’il s’agisse d’imaginer des lignes, couleurs, formes, gestes, ou mouvements qui laissent une trace, cela éveille une des facultés les plus enrichissantes. C’est l’une des joies les plus profondes : celle de créer.

Le théâtre rituel

La pratique rituelle du théâtre se relie à l’esprit du drame antique. Les gens le vivaient comme un processus de catharsis – de purgation des émotions – et de guérison.

Avec le “sérieux d’un enfant qui joue”, les participants, à la fois acteurs et spectateurs, expérimentent un processus. Celui-ci mobilise la mémoire du corps, la mémoire psychoaffective et l’imaginaire dans une matrice espace-temps.

Grâce à la mise en scène de héros mythiques et de situations personnelles, chacun explore ce qu’il a besoin d’examiner. On sonde la complexité du quotidien. On affronte les forces qui échappent au contrôle et à la compréhension. À l’abri du théâtre, un lieu sûr, et par la formule magique “faire comme si”, chacun peut transformer son être. Le but : devenir ce qu’il désire.

Le théâtre rituel a un pouvoir de guérison. Il insuffle une vitalité nouvelle et une remise en mouvement de la créativité. Il sollicite des ressources ignorées jusque-là. Pensez à la capacité d’imaginer et d’agir là où le sujet se vivait impuissant.

C’est un art participatif qui nous ouvre à entendre que d’autres souffrent, aiment, s’emportent, jouissent, se brisent et parfois se relèvent. Il nous rappelle que chaque pas a sa raison d’être. Il montre que d’autres humains ont fait le chemin avant nous. Enfin, c’est un art de célébration des réussites et des échecs, des joies et des deuils, de l’ombre et de la lumière de chacun.

Les arts de la danse et du mouvement – L’expression corporelle

Danse et mouvement : une exploration profonde

Nous explorons les jeux de rythme, de répétition et d’amplification. Nous abordons également la recherche sensorielle, la relation, et l’alternance entre mouvement et immobilité. Nous encourageons les explorations inhabituelles.

La danse peut se centrer sur la conscience des appuis ou sur un dialogue en mouvement avec un ou plusieurs partenaires. Elle développe l’empathie par des mouvements en miroir. Qu’elle soit toute intérieure, ample ou extravagante, individuelle ou collective (quand le groupe danse en chœur, soudé sur un rythme et une même mélodie), elle est une médecine et une méditation en mouvement. Elle vise à éveiller et à réaliser le potentiel de chacun, que vous soyez expert ou roi des maladroits !

Les bienfaits ancestraux de la danse et son rapport au corps

L’être humain s’est toujours soigné par la danse, sous toutes les latitudes et dans toutes les cultures. La danse favorise la conscience du corps, le réveil des mémoires corporelles et l’imaginaire. Danser permet de modifier le moi “cuirassé”. Elle développe la conscience et l’ancrage organique fondamental pour se verticaliser entre terre et ciel. De plus, elle enrichit et consolide la valeur de soi, la qualité de relation avec autrui et l’environnement, la sécurité et le plaisir. Enfin, elle soutient la dimension créative.

Comme le disait Martha Graham : “Il n’existe rien de plus révélateur que le mouvement.” Danser, c’est mettre le corps en mouvement dans une dimension autre que celle de la productivité. Cela questionne le rapport que chacun entretient avec son corps : la façon dont il l’investit, ses représentations, ses modes de présence ou d’absence. Cela interroge également la manière dont il accepte ou non cette part irréductible qu’est la chair, et les limites introjectées au cours de son histoire.

Danser met en mouvement les résonances entre la sphère physique (avec l’anatomie singulière de chacun), la sphère psychique (avec ses aspects affectifs, imaginaires et symboliques) et la sphère énergétique. Cela implique de mettre le geste en jeu avec ses qualités spécifiques, avec une intention, dans un temps et un espace donnés, et avec une certaine énergie.

L’art du toucher conscient

La peau, avec ses qualités spécifiques (élasticité, imperméabilité, barrière immunologique, sensibilité), est un lieu de différenciation soi/non soi. Jouant un rôle important dans la sensation, elle est la base de la conscience de l’espace. Elle donne à chacun un lieu d’où il peut sentir, localiser et définir un dedans et un dehors.

Le toucher conscient devient un art quand il redonne son corps au sujet – le sentir du dedans, différencié du dehors. C’est possible à condition que la posture du praticien soit respectueuse de son intégrité et de son intimité, sans volonté de résultat ni d’imposer son savoir.

Puissant révélateur d’une façon d’être, à la fois en relation avec soi-même et avec le monde, le toucher se situe dans l’instant présent et dans une vérité de l’être. Les tensions corporelles et les comportements sont intimement liés. Le toucher conscient permet de replacer le sujet dans sa sécurité de base. Il aide à faire résonner sa musique intime.

Cette qualité de toucher invite à privilégier une attention sélective. Cela demande de prendre acte des tensions, des retenues, des réactions de refus et des peurs qui habitent le sujet, et de dire “oui” à ce qui est. Les tensions, les postures, la respiration, l’attitude et le regard sont de puissants révélateurs. Une fois perçus, exprimés, pleinement accueillis et décryptés, le sujet peut oser une présence à soi et à l’autre plus consciente et vécue, dans l’ouverture.

L’art de la méditation

« Quand je mange, je mange; quand je bois, je bois; quand je dors, je dors », dit te maître zen à son disciple qui lui demande le secret de sa paix intérieure.  « Simplement ça ? », dit le disciple déçu. Méditer n’a rien d’une pratique exotique. Méditer est simple et naturel.

Il existe des centaines de techniques de méditation, issues de différentes cultures. Qu’elles viennent d’Orient ou d’ailleurs, la plupart visent le même objectif : éveiller la personne à la conscience d’elle-même. Elles la sortent de la demi-conscience de la vie routinière. De plus, elles ont toutes un fondement commun : la relaxation, l’observation et la neutralité.

La relaxation, car un corps tendu ne sent pas, et un corps tendu correspond à un mental agité. L’observation de ce qui se passe dans le monde intérieur : sensations, émotions, pensées qui vont et viennent. La neutralité, car la méditation a pour but l’accueil de tout ce qui est. Elle agit comme un miroir qui ne reflète que ce qui est, le beau et le bon comme le laid et le mauvais.

Méditer, c’est être totalement dans son corps. Contrairement aux pensées qui vagabondent du passé au futur, le corps est au présent un ancrage organique fondamental par lequel se développe le sens de soi sur lequel s’étayent les autres sens.

Méditer, c’est porter de l’attention. C’est être témoin de ce qui se déroule en soi ici et maintenant : sensations, mouvement des sentiments, émotions, nature des pensées. Ce processus nous aide à découvrir que tout passe. Il révèle que notre nature profonde, au-delà des scénarios, jugements et préjugés, au-delà de l’histoire personnelle, demeure immobile et silencieuse en nous.

Finalement, méditer est un état d’être au goût d’extase : celui d’exister tout simplement.

Le rêve, l’art de rêver

Les dernières découvertes scientifiques nous proposent un nouveau paradigme : la conscience est à l’origine de tout. C’est une caractéristique fondamentale de toute existence, étroitement liée au monde physique.

Ces découvertes se rapprochent des civilisations anciennes et des pratiques de leurs guérisseurs. Ces guérisseurs savaient voyager entre conscience ordinaire (analytique) et conscience élargie (intuitive).

La conscience ordinaire se relie à nos cinq sens. Elle nous situe dans l’espace et le temps. Au quotidien, elle occupe toute la place. Cependant, lorsqu’elle se met en veilleuse, un autre champ de conscience peut se faire entendre. Il se relie à nos capacités méconnues. Derrière le bruit de notre mental et de nos perceptions ordinaires, des informations sont là, toutes proches.

L’art de rêver s’appuie sur différentes techniques : relaxation créatrice, visualisation, rêve éveillé, voyage au tambour, méditations actives, mouvement régénérateur. Elles créent les conditions pour élargir la conscience. Elles permettent d’explorer l’univers qui se révèle alors à l’intérieur comme une force agissante et puissante.

L’exploration de l’univers intérieur, à travers ses images et ses symboles, permet de révéler les mécanismes émotionnels et mentaux. Elle les transforme pour ouvrir le champ des possibles. Elle laisse apparaître d’autres niveaux de réalité, d’autres dimensions de l’être humain. Finalement, cela guide l’individu vers sa guérison et la création dans sa vie.

Enseigner comment créer pour se recréer à l'école d'art-thérapie

Nouvelle Formation : Initiation à la Danse Thérapie (Cycle 1)

Professionnel de santé, artiste, ou en reconversion ? Initiez-vous à l'accompagnement thérapeutique par le mouvement dansé. Explorez le corps comme conscience et mémoire pour libérer l'expression, la créativité, et aider l'autre à retrouver son élan vital.

 

Le cycle 1 démarre le 14 février 2026 - Les inscriptions sont ouvertes :

Du 19/11/2025 au 06/02/2026